Allah-Dieu-Yahvé, s’il existe, n’a rien compris. Ou alors, Il s’est trompé. Et là, ça me fait peur, car quand il se goure, celui-là, il le fait durement payer à l’Homme, sa créature préférée, et à sa côte chérie : Le déluge avec Pyrrha et Deucalion - Zeus l’a voulu -, puis Sodome et Gomorrhe anéanties – Yavhé l’a fait -, puis le déluge avec l’arche de Noé – Notre père qui êtes aux cieux, … Brrr !! Tout ça pour rien puisqu’à chaque fois, il a fallu tout recommencer.

Alors, dépassant le pari de Pascal, demandons-nous : Dieu peut-Il se tromper ? Sans doute, quand Il n’écoute pas les croyants honorables dont la foi n’est pas contestable et qui souffrent des contradictions qu’il installe entre idéal et réalité ; parmi ces braves gens de trouvent des ministres du culte, hommes et femmes,  qui resteront de tout petits prêtres, Imams ou Rabbins - pour les femmes ce sera plus difficile -, car leur crédo est de prêcher la paix entre les Hommes. Oui, il peut se tromper, quand il prend le parti des élites religieuses qui, elles, quelque soit leur Église, Temple ou Mosquée, profitent allègrement d’un système économique qu’elles soutiennent sans sourciller. C’est curieux, car alors, comment les esprits avisés ne voient-ils pas immédiatement ce qui saute aux yeux: cette alliance de l’éternité et du provisoire est une contradiction de plus!

Ces élites religieuses affirment que Dieu est infaillible. Les islamistes, par exemple, défendent des écrits soi-disant dictés par Allah à Mohamed. Mais ces écrits ne sont pas tous, selon certains autres experts de la même Foi, trouvables dans le Coran. D’autres affirmations tout aussi péremptoires ne sont pas, non plus, trouvables dans la Bible, qu’il s’agisse de l’Ancien Testament ou des Evangiles. Et quand on les trouve, elles ne sont pas pour autant avérées.

Dans le Coran, il y aurait donc, parait-il, cette affirmation péremptoire autant que controversée selon laquelle pour plaire à Allah, la femme doit vivre cachée, voilée, masquée, quasiment anéantie aux yeux de la société. Et l’Homme qui inventa la burqa aurait, depuis beau temps, fait disparaitre cette immonde tentatrice, n’était la nécessité de la survie de l'espèce. Il se branlerait alors gaillardement, sans recours à ces salopes de psys, souvent des femmes, la preuve par neuf, pour le déculpabiliser.

Pour bien montrer qu’il ne plaisante pas avec la chose, Dieu dans sa grande bonté, qu’il soit béni et qu’honoré soit son Nom, nous envoie la maladie du siècle, la grippe H1N1 qui, si l’on en croit notre rose Roselyne nationale (non, Mesdames, je ne suis pas tombé dans la misogynie galopante, je parle seulement de ses jolies sandales ministérielles en plastic qui lui vont si bien au teint sur le perron de l’Élysée), si l’on en croit, donc, le ministre de la santé de notre Eminent Sarkozy - qu'il soit béatifié de son vivant, il le mérite -, coûterait, à ce jour, un milliard et demi d’Euros à la France. Attention, pour ce prix-là, il n’y aura pas de vaccins pour tout le monde !

Quoi de plus normal que de dépenser nos sous pour garantir la santé des Français ? Lors de ma dernière visite, une visite hebdomadaire, dans la maison de retraite où végète plus qu’elle ne vit ma propre mère – qu’il lui soit donné de végéter le plus longtemps possible -, j’eus la surprise de voir les infirmières et leurs aides dissimulées derrière des masques. Elles seules mais pas les résident(e)s, tant il est clair qu’aucun des ces pensionnaires n’aurait supporté d’en être affublés et que le placage autoritaire de cet accessoire sur leur visage eut créé un sacré chambard dans l’établissement. C’était une de ces journées caniculaires et je pouvais constater combien cet accoutrement, dont je ne discute pas la nécessité, leur pesait. Je ne me souviens plus si les gants faisaient ou non partie des accessoires vestimentaires. Ah ! J’imagine Roselyne masquée, en babouches roses trouées et en gants de chirurgien, la seringue restée plantée tant elle est toujours pressée dans son opulent fessier – côté droit bien sûr -, quelle allure ! J’imagine et je me marre. Ces braves infirmières avaient du mal à respirer, chaque inspiration plaquant leurs masques sur leurs bouches (parfois dedans) et sur leurs nez, chaque expiration rendant à ma vue une partie de leurs agréables frimousses. Roselyne ! Ah !

L’une d’elles me distribua, d’un air gêné, une missive, évidemment dictée par les services de notre belle ministre aux bras blancs (ça, c’est Victor Hugo), par laquelle je devais me laver les mains, ne pas secouer celle de mes interlocuteurs, ne pas les embrasser, limiter mes venues en nombre et dans leur durée, ne pas rendre visite aux résidents si j’étais malade ou si j’avais été en contact avec une personne grippée depuis moins d’une semaine.

« Bien, dis-je à l’infirmière qui m’avait remis cette lettre, c’est promis, je vais devenir un petit vieux bien propre et je me plierai à ces augustes recommandations. Mais, si l’on en est là en France, que fera-t-on de plus en Iran ?

­- En Iran, pourquoi en Iran ? me demanda-t-elle, interloquée.

- Parce que, dans ce pays où les femmes sont masquées depuis des décennies, l’une d’entre elles, âgée de seulement 37 ans et ne présentant pas, jusqu’à plus ample informé, d’autres signes de mauvaise santé, est morte de la grippe A cette semaine. Son masque ne l’a donc pas protégée. Le votre vous protégera-t-il ?

- Je ne sais pas, me répondit-elle, mais cela est, je crois, un bon argument contre le voile et la burqa. »

Et mon infirmière écarta son masque pour donner libre cours à son rire, sans s’étouffer. Elle est bien, cette infirmière. Sa réponse, je la fais mienne. Sauf s’il m’est démontré que Allah Akbar s’est trompé en tuant de travers. Et dans ce cas-là, quelle histoire, comment ne pas le prendre en grippe ! Tout serait à recommencer !