DE DÉGUEULASSE Á FAUX-CUL, le temps du mépris

A Fadéla.

 

Mes respects, Madame. Non, ne me cherchez pas, vous ne verriez plus. C’est que je suis resté en bas, moi, parmi les autres petits et méprisables métèques qui ont été, à votre égard, comme des vers  de terre amoureux d’une étoile. C’était au temps où vous disiez encore d’une dégueulasserie comme ce qui vient de se passez à Calais : « C’est vraiment dégueulasse. »

 

« Le temps du mépris », ce n’est plus un livre, c’est devenu la réalité quotidienne. Malraux est mort, lui, le futur combattant de la guerre d’Espagne qui avait écrit avec nostalgie, révolte et rage, cette œuvre en 1935, qui avait écrit comme on part en croisade contre la montée du nazisme, avec son cortège de haine, de crimes, de racisme et de mépris, fustigeant l’indifférence. Son livre n’eut pas le succès escompté. Le poids de l’indifférence, justement ! Le succès, c’est Hitler qui l’eut, un succès éphémère mais oh combien cher payé par l’humanité tout entière !

 

Le mépris, pour vous et votre cher Brice : « Brice et moi, nous sommes deux auvergnats et patati et patata, fouchtri-fouchtra, pourtant on n’est pas des bougnats… », ça s’écrit comme mes prix. Pas les prix d’excellence, comme en recevaient les bons élèves des temps jadis, quand on apprenait la morale à l’école, Non, simplement mes prix comme « mon » prix, le « tien », le « sien » le prix de « ta » bassesse et de « ma » duplicité. Ne voyez, Madame, dans ces adjectifs possessifs qu’une manière de focalisation, vous trouverez facilement des ministres avec lesquels vous pourrez partager et décliner.  Il y en a tellement ! Mais pour vous, mes prix c’est le prix de la tragédie et celui du temps perdu, car c’est une tragédie et c’est du temps perdu que se trahir soi-même, que se salir en trahissant ses sœurs et ses frères pour lesquels on a jadis si bien et si longtemps lutté. Le prix du mépris qui tue, plus terrible qu’une balle, plus souvent qu’un couteau.

 

Qu’est-ce que la trahison, quand on atteint les sphères où dorénavant vous évoluez , sinon  la démagogie ? N’est-ce pas faire croire aux victimes que vous les aimez encore en employant les mots : respect, amitié, fraternité, et penser, et agir, ou plutôt vous agiter dans la baignoire bling-bling avec la cohorte d’en face ? N’est-ce pas habiller vos discours pompeux de l’accent des victimes, jouer à la petite fille innocente et frivolement sérieuse ? N’est-ce pas dire à l’autre : « Tu es mon égal, mon frère ! », et vivre, plutôt bien, même si vous le cachez, sur sa misère ? Participer à un gouvernement qui, non seulement l’y maintient, dans la misère, mais encore l’y contraint, l’appauvrissant chaque jour davantage pour mieux le mépriser ensuite ? Peut-être, à l’occasion, pour lui lancer, comme votre chef suprême, un définitif « Casse-toi pauvre con ! » N’est-ce pas faire, au nom de ses origines, des discours incomparables sur la nécessité de combattre le racisme, le sexisme et soutenir le raciste méprisant parce qu’il est votre chef de service auvergnat ? N’est-ce pas vous conduire, chère Fadéla, comme si vous aviez oublié Soane !

 

Á la cérémonie de rupture du jeûne de Ramadan, dans le très chic pavillon Dauphine, se trouvaient près de 200 invités. Autour de vous, Madame, il y avait Nassif Hitti le représentant et ambassadeur de la ligue des Etats arabes, les ambassadeurs du Maroc et de l'Algérie, Gilles Berheim le grand rabbin de France, Monseigneur André Vingt-Trois le président de la Conférence épiscopale, Claude Baty le chef de la Fédération protestante et Richard Prasquier le Président du CRIF. Que du beau monde, reçu en grande pompe par le président du CFCM, Mohammed Moussaoui. Cela n’a rien de déshonorant, au contraire, de partager la Chorba, cette soupe aux lentilles et poids chiches, mijotée pour la rupture du jeûne. J’ai moi-même participé, en qualité de Président de « La Paix Maintenant 06 » à une cérémonie identique, bien que moins dispendieuse et certainement plus sincère, car la politique politicienne n’y avait aucune part, organisée à Nice par mon ami Mohammed Fernane, le Président de « l’Association pour l’Amitié Judéo-Musulmane des Alpes-Maritimes. »

La soirée parisienne suivait de très près les propos racistes et méprisants, de Brice Hortefeux au Campus de l'UMP (voyez mon précédent message). Mais curieusement, elle fut l’occasion pour le président du CFCM, d’accepter les « regrets » exprimés par Monsieur Hortefeux qui est Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, chargé des cultes (ce qui ajoute à l’aspect follement drolatique de ses propos que je persiste à qualifier de racistes), et non Ministre de l’intérieur comme l’a dit à tort Mohammed Moussaoui. Rendons à Michelle Alliot-Marie, ce qui appartient à César, c’est ainsi que l’on agit en toute laïcité.

 

Hortefeux, ce bon sinistre, était venu là comme on va à confesse. Je n’ai rien contre les gens qui vont à confesse. Simplement, l’idée que l’on soit lavé de tous péchés, fussent-ils des crimes, parce qu’on les a avoués à un prêtre dans une enceinte à claire-voie, avec la certitude de n’encourir aucun châtiment, pire, en était certain d’être protégé des foudres de la justice républicaine, me révulse : «Je suis ému de penser, dit notre Brice national, que du fait d'un certain tohu-bohu médiatique et d'une interprétation totalement inexacte, des personnes - peut-être parmi vous - ont pu être blessées dans leur être ou leurs convictions. Je veux donc dire mes regrets. Au-delà de cette polémique inutile et injuste, je veux exprimer mon respect pour tous les Français et tous ceux qui vivent sur notre sol, quelque soit leur religion et quelles que soient leurs convictions. » Ce à quoi Monsieur Moussaoui à répondu, sans doute par mégarde, n’ayant pas compris que de tels regrets n’engageaient que ceux qui les entendaient et non celui qui les prononçait  : « Le ministre de l'Intérieur, a exprimé ses regrets. Pour nous c'est suffisant. Je pense que la sincérité de ses propos a touché l'ensemble de ceux qui étaient présents ».

Suffisant ? Ben voyons ! Il n’y a plus qu’à recommencer ! En pire, peut-être ? Ce soutient fait suite à celui exprimé le samedi précédent par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris. Du coup, les ministres de notre République laïque, vous en tête, Madame, ont emboîté le pas. Les propos de Monsieur Hortefeux  ne sont plus que des preuves d’humour et qui plus est, d’humour auvergnat, au pire des maladresses. Passons à autre chose, ne nous acharnons pas ! « Brice » serait même un humaniste, selon Eric Besson qui l’a remplacé dans le boulot répugnant qu’il a initié au ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, et où il apporte sa caution d’ancien militant socialiste! Ils applaudissent tous, les ministres, le dimanche suivant (à l’exception de Rama Yade), au discours laudatif à l’égard de leur cher « Brice », du secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand.  

 

Ah ! Madame ! Les dames d’en temps, étaient moins culottées que les nôtre. Á vrai dire elles allaient cul nu, seulement protégées par leurs trois jupons superposés dont les noms étaient choisis pour faire rêver les mâles : dessus, la modeste se laissait entrevoir, protégeant la friponne, elle-même, coquine, abritant la secrète. Moins culotées, mais aussi moins faux derche, elles se payaient ostensiblement le luxe d’un faux cul. Ça leur donnait sans doute un certain charme. Trois jupons protègent-ils mieux qu’un pantalon ? C’était au temps révolus, dit-on, où la politique se faisait dans les alcôves. Et les alcôves ont disparu. Dit-on.

 

Amara, vous qui, par votre attitude nouvelle à l’égard du racisme, protégez votre sous-main ministériel, peu me chaut de savoir comment vous êtes vêtue. Mais vous me paraissez être passée de dégueulasse à faux cul. Et le savez-vous ? La doublure des maroquins, les vrais, est souvent réalisée en peau de goret ?

 

Pitoyables racistes que vous ne dénoncez plus car ce serait, selon vos amis bien placés, je pense à Monsieur Guaino, le Conseiller de notre Président qui désigne les coupables avant que les Juges n’aient tranché, de  l’acharnement ! Alors soit ! acharnons-nous ! Défendons les petits, les sans-grade, les miséreux, les méprisables.

  

Je m’acharne, Madame la sous-ministre, en vous présentant mes respectueux hommages. Fouchtri-fouchtra, si j’mens, j’vais en enfer, et patati et patatère, la cuisse en l’air !