Chère camarade,

 

Je t’ai vue, Martine, souriante, détendue, enfin ! Les militants du PS avaient, ce 1er octobre 2009, répondu oui aux questions que tu leur avais posées à l'université d'été de La Rochelle dont j’étais absent pour cause d’exclusion. Ces propositions : non-cumul de mandats, parité, éthique ou représentation des diversités - le thème des primaires n’est apparu qu’après -, nous les défendions déjà lors des municipales de 2008, face à une direction fédérale des Alpes-Maritimes, soutenue par le National, plus préoccupée de plans individuels de carrières que de politique socialiste !

 

Le Premier fédéral Patrick Allemand, alors Conseiller Général ET Premier Vice Président de la Région PACA, pensait, après avoir été battu aux législatives auxquelles il s’était AUSSI présenté, pouvoir conquérir en 2008 la Mairie en profitant du travail accompli depuis 7 années sous la direction de Patrick Mottard par « Nice plurielle », travail auquel il n’avait jamais participé. Le résultat fut la destruction de l’union PS-Verts- Parti communiste- Alternatifs qui, elle, avait manqué de peu la mairie en 2001.

 

C’est l’intransigeance de notre Premier Secrétaire fédéral, sa fringale boulimique de mandats et l’absence de tout soutien national sur les idées aujourd’hui heureusement approuvées par le PS, qui nous obligea à présenter une liste dépassant le seul PS. Ne pas le faire, eut été cautionner l’idée que notre parti était au service d’ambitions personnelles. « Faire de la politique autrement » était notre crédo et nous nous sommes groupés dans l’Association Nice Autrement, créée pour l’occasion et devenue, depuis « Gauche Autrement » Cette démarche, où d’autres approchantes, a été courantes et le nombre de camarades exclus du PS, en France, au motif qu’ils pensaient comme le Parti aujourd’hui est impressionnant. C’est dire, Martine, si tu es loin du compte avec les 72% de oui au non cumul des mandats !

« Une base solide pour réussir le grand projet d'un nouveau Parti socialiste », a dit Arnaud Montebourg, après la promulgation des résultats ; « quand on met les militants en situation de faire des choix ils sont là », s'est réjoui Pierre Moscovici ; Bertrand Delanoë a estimé, lui, que « les militants avaient voulu tourner la page des doutes, des divisions et des ressentiments, et se donner les moyens de préparer l'alternance » ; « Cela va changer la nature et le visage du Parti socialiste qui sera un parti plus nombreux, plus populaire, plus démocratique et plus transparent », s'est réjoui Benoît Hamon ; Quant à toi, Martine, tu as dit ta fierté : « Je trouve que c'est un bel exercice démocratique, je suis fière d'être dans un parti qui est à l'avant-garde démocratique et je pense qu'il va faire des petits dans les autres partis ».

 

Eh bien, Martine, je suis heureux qu’il en soit ainsi. Je te le dis avec sincérité mais avec, aussi, au fond de moi, un sentiment de frustration mêlé de fierté. Ce n’est pas de gaité de cœur que désormais, moi et beaucoup de camarades qui n’avons pas démérités du socialisme, nous resterons au bord de la route.

 

Je ne te cache pas, pourtant, ma crainte de voir ces nouvelles orientations que j’approuve demeurer dans les tiroirs, tant que, partout en France et pas seulement dans les Alpes-Maritimes, les camarades qui ont été exclus parce qu’ils pensaient comme toi et moi, n’auront pas été réintégrés. Des camarades, Martine, et je le regrette, qui n’ont pas voté mais dont les voix se seraient ajoutées au score prometteur des 72%. Et tant que cela ne sera pas fait, toutes les déclarations du monde ne seront que postures et impostures dont profiteront ceux qui, jusqu’à aujourd’hui cumulent les mandats et n’ont pas envie de les lâcher. Il sera dur, le chemin pour reconquérir la confiance des Français. Est-ce aux gens de prouver, qu’ils ont confiance dans notre Parti, ou est-ce au Parti de démontrer qu’il mérite qu’on lui fasse confiance ? Je crois que c’est la question fondamentale à laquelle il convient de réfléchir et de répondre clairement, faute de quoi rien ne se passera sous le beau ciel de France, voire d’Europe, et nous conserverons les Sarkozy et Barroso… ou leurs frères.

 

La Région PACA est en passe d’être perdue. Plus grand monde ne validera le ticket Vauzelle Allemand. Que le Président sortant se démarque de notre encombrant Premier Secrétaire fédéral ou alors, ne nous faisons pas d’illusion. Comment la défendrions-nous – tu vois, je dis encore nous ! Les deux sections du Nord de Nice, Nice-Nord et Michèle Mangions, comptaient 650 adhérents, il en reste entre 15 et 20 ! La fédération des Alpes-Maritimes avait 3300 membres dont 65% étaient Niçois, il en reste environ 1200. Parmi les 63000 adhérents radiés dans toute la France pour cotisations non payées deux années de suite, combien sont-ils, ceux qui avaient perdu l’espoir dans le Parti Socialiste ?

 

En te remerciant pour ta patience et en l’attente d’une éventuelle réponse, dois-je l’espérer ? je te souhaite de réussir, Martine, pour toi, pour le Parti Socialiste, mais bien plus encore pour le peuple français dans l’Europe. 

 

Reçois, chère camarade, mes salutations indéfectiblement socialistes.