Le M.R.A.P :

Aujourd’hui, Mouloud Aounit, ex Président et membre du Collège de la Présidence sortante du MRAP, a du mal à constituer sa liste de candidature en vue du prochain congrès. Il a demandé – et obtenu - un délai ! C’est déjà une bonne nouvelle, car je voyais avec tristesse la disparition programmée d’un Mouvement, né de la Résistance, à la création duquel mes parents ont participé et dans lequel j’avais milité dès l’âge de 15 ans, en 1950.

Alors je me souviens. Que d’insultes, voire de menaces, n’ai-je reçues début 2008, mes amis s’en souviennent, de la part de certains membres du M.R.A.P. et particulièrement de ses dirigeants niçois et mentonnais, lors de la sortie de mon livre : GRANDEUR ET MISERE DE L’ANTIRACISME sous-titré LE M.R.A.P. EST-IL DÉPASSÉ ? – j’insiste sur le point d’interrogation et je tiens à votre disposition leurs mails qui pourraient faire la joie de collectionneurs ayant manqué les épisodes staliniens où l’on s’en prenait, non aux auteurs de crimes mais à ceux qui, sans même les dénoncer tout à fait, osaient ouvrir la bouche. Car en ces temps de sinistre mémoire, il se trouvait toujours une bonne âme pour dénoncer qui avait l’outrecuidance de dire...

Mon livre faisait l’historique du M.R.A.P., d’abord Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix, créé en 1949 par les survivants du M.N.C.R., Mouvement National contre le racisme, conçu à l’initiative de Résistants en majorité Juifs et Communistes, en 1941, pour combattre le (s) statut (s) des Juifs de Pétain (1941 et 42) qui faisait (ent) de l’État français le seul, avec l’Allemagne nazie, dont l’antisémitisme fut officialisé par la loi. J’avais compris que les aberrations du M.R.A.P. n’avaient été rendues possibles que parce que ses dirigeants négligeaient cet historique. Aujourd’hui, pour bien des gens, le M.R.A.P. ne s’est jamais appelé autrement que Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, appellation qui occulte les deux termes essentiels initiaux : l’antisémitisme (à la sortie de la guerre) et la paix (comme si l’on pouvait parler d’amitié avant de faire la paix).

Je montrais nos luttes contre l'antisémitisme persistant, pour la promulgation d’une loi spécifiquement antiraciste, nos batailles contre le racisme anti-Algérien quand les travailleurs de ce Pays participaient à la reconstruction de la France, nos luttes pour faire reconnaître le droit des anciens combattants noirs, asiatiques et maghrébins, notre participation à la journée de sinistre mémoire du 17 octobre 1961 quand on dénombra, selon la police, des « noyés par balles dans la Seine ». Je m’arrête pour faire court.

Mais je montrais aussi les déviances du M.R.A.P. de Mouloud Aounit qui, au nom de l’antiracisme, soutenait le droit au foulard pour les collégiennes, revendiquait la viande hallal à l’école, portait plainte contre France soir après la publication des fameuses caricatures danoises, contre les profs d’histoire qui abordaient l’Islam pourtant prévu dans le cursus scolaire, les journalistes, les philosophes et j’en passe. Là aussi, je veux faire court.

Je montrais que le M.R.A.P. perdant plus de la moitié de ses militants (il devait tenir son congrès en 2008 en l’absence d’un tiers de ses organisations de base) poursuivait dans une voie dangereuse, traitant de raciste quiconque osait critiquer, voire seulement soulever une objection sur les effets visibles (le voile, la burqa…) de la religion islamiste

Une autre liste, enfin, prête celle-ci, qui se nomme liste M.R.A.P. Unitaire, se présente pour le congrès des 8 et 9 janvier prochain. Cette liste je cite, se veut un signe d’espoir pour la survie du MRAP dans la fidélité à ses valeurs fondatrices : aujourd’hui pour la survie du mouvement, et demain pour son développement.

Je souhaite que cette liste soit élue et que vive le M.R.A.P. renouvelé.

L’histoire du M.R.A.P est toujours d’actualité. Sa connaissance peut éviter de retomber dans les erreurs du passé.

GRANDEUR ET MISÉRE DE L’ANTIRACISME, LE M.R.A.P. EST-IL DEPASSE ?

(15 Euros + frais de port)

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