12 octobre 2009
Quel est donc ce Patrick Mottard que je n’avais jamais rencontré ?
Si vous cherchez, sur la Côte d’Azur, un agréable lieu de villégiature, cliquez sur Internet : « Hôtel Excelsior à Nice - hôtel 3 étoiles de charme situé dans le centre historique de Nice sur la Côte d'Azur - à deux pas des plages et de la Promenade des Anglais... ».
La foule se presse rue Durante, ce 9 octobre 2009, à l’appel du Maire de Nice, du Président du Conseil Général des Alpes Maritimes, de Serge Klarsfeld le Président fondateur de l’Association des filles et fils de déportés, appel relayé par l’ensemble des Associations juives de Nice et par tous les républicains juifs qui ne se reconnaissent pas dans leurs rangs.
Relayées aussi par les partis de gauche et les antiracistes ? De cela, je n’en suis pas certain - sauf concernant Gauche Autrement - car aucun de leurs élus n’était présent. Seul, sauvant l’honneur de cette gauche que j’ai tant aimée, Patrick Mottard. L’autre Patrick, Patrick Allemand qui pourtant aime tant figurer sur les photos avait loupé l’occasion. Les élus communistes, verts, socialistes brillaient par leur absence. Le M.R.A.P., organisation qui se vante tellement d’être née de la Résistance et en particulier de la résistance juive, avait bouffé le rendez-vous. Le Musée de la Résistance et Amnesty International ne sortent pas grandis, non plus, de leur absence. L’Hebdo le Patriote qui se dit « le dernier journal d’information libre » du département n’a envoyé aucun journaliste, ni même aucun stagiaire.
Pourquoi cette unanimité dans l’absence ? Certainement est-ce en relation avec le conflit israélo-palestinien. La réprobation des évènements de Gaza. je la partage si l’on condamne aussi les crimes de guerre du Hamas. Mais la gauche française est devenue, palestinienne, ce que je ne suis pas, bien que pro-palestinien autant que pro-israélien, et là je parle des peuples et non des gouvernements. Où plutôt, elle est devenue pro-islamiste, de l’Islam politique autant que religieux. Pauvre gauche ! Ta carence témoigne de ce que tu n’es plus toi-même, plus capable de faire la part des choses et juger sainement, plus capable d’honorer la Mémoire des victimes du nazisme, ce qui selon toi contreviendrait à ton soutien de la lutte palestinienne. Pauvre gauche, tu confonds tout et tu t'emberlificote les sabots dans le négationnisme.
C’est donc sans toi, l'impuissante, qu’en présence de Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes, fut dévoilée une plaque, face à l’hôtel Excelsior. Cette plaque rappellera désormais à tous les passants que cet hôtel servit, entre septembre et décembre 1943, de prison provisoire (où l’on tortura et assassina), à 2.142 Juifs sur les 3.612, dont plus de 400 enfants, qui furent déportés des Alpes – Maritimes, pour être exterminés dans des camps. Sur les 76000 dont 11000 enfants pour l’ensemble de la France. Chiffres éloquents car ils démontrent que les 2/3 des Juifs vivant en France, qu’ils fussent Français ou Etrangers, furent sauvé par les Français, quand plus de 90% de Juifs de Pologne, de Grèce ou de Hongrie disparurent. La France n’est pas, nous ne le dirons jamais assez, un pays raciste.
Hebdomadairement, la soldatesque barbare contraignait ses victimes, raflées dans la semaine, à faire la courte marche jusqu’à la gare de Nice où, sous les coups et la menace des chiens, ils montaient dans le train qui les conduisait à Drancy, principal camp de transit. Ce camp, ils ne le quitteraient que pour monter dans des wagons à bestiaux où, serrés à ne plus pouvoir respirer, sans boire ni manger, entassant sur le côté les corps de ceux qui, n’y résistant pas, faisaient en mourant une dernière obole aux vivants : élargir leur espace vital. Ils mettraient des jours et des jours, attendant souvent en plein cagnard sur une voie de garage, pour atteindre Auschwitz ou Kaunas d’où ils ne reviendraient plus.
Á Auschwitz, la plupart étaient sélectionnés dès leur arrivée pour être gazés. Bien peu entaient dans le camp où, vêtus uniquement de légers haillons, en hiver comme été, ils étaient, de toute façon, condamnés à mourir par le travail sous les coups, par la faim, le froid, la maladie, par balle, par pendaison et aussi par le gaz. Leur destination finale, ils le savaient très vite, c’était les fours crématoires qui projetaient dans le ciel une fumée rougeoyante et tellement nauséabonde que les oiseaux eux-mêmes ne survolaient plus cet espace. Leurs os, même leurs os, étaient écrasés, pilonnés de telle sorte qu’il n’en resta rien.
Dominique, ton aïeule est passée par là. Est-ce à elle que
pensait Patrick, raide et pâle, face de marbre comme peu de gens l’auront
jamais vu, pendant les discours d’Estrosi, du Préfet, de Cioti ? J’ai eu une pensée pour elle, condamnée uniquement parce que les hasards de la
naissance - la naissance est toujours un hasard, ce qui rend absolument folle
l’idée de racisme -, l’avaient faite
Juive, et en écrivant ces lignes, les larmes me viennent. Est-ce à elle
seulement, que pensait Patrick ou pensait-il aussi à son père René et à son
grand-père, Edgar Ponthus Maire Cruzille, auquel il a consacré un si bel hommage dans son blog,
et qui furent, eux aussi déportés ? Parmi les gens qui, avec elle, sont
passés par là, il y avait Simone Veil, sa sœur, son père et sa mère… Qui dira
un jour ce que l’humanité a perdu avec les 5O millions de morts, parmi lesquels
6 millions de Juifs, pendant la seconde guerre mondiale ?
Ceux qui partirent vers Kaunas avaient été choisis et regroupés à Drancy dans un dessein précis. Ils étaient parmi les plus forts, des sportifs, des costauds. Ils avaient été réservés pour effectuer, avant d’être exterminés à leur tour, cela va sans dire, les travaux les plus pénibles sur le territoire redevenu, aujourd’hui, la Lituanie. Une erreur des fascistes locaux - cela mit en rage les nazis allemands qui avaient, eux, la programmation chevillée au corps -, leur épargna cette corvée. Ils furent fusillés à leur arrivée dans les fossés de la forteresse de Kaunas. Parmi eux, le père de Serge Klarsfeld.
Le père de Patrick et le père de son père ne sont pas partis de Nice, mais de Compiègne. Ils n’ont pas connu l’hôtel Excelsior, ils n’étaient ni Juifs ni Niçois. Ils étaient Bourguignons et Résistants ! René Mottard était encore un jeune étudiant quand il s’opposa, à Châlon, par le verbe et par le poing, aux colleurs d’affiches pétainistes et aux recruteurs de la LVF (la Légion des Volontaires Français du transporteur niçois Darnand, qui combattit au côté des Allemands contre les Russes à Stalingrad). C’était suffisant, il fut déporté. C’est à Hitler et à ses commensaux de Vichy que nous devons de connaître Patrick. En effet, René revint tellement malade de sa déportation qu’il ne se déplaçait plus qu’en fauteuil. La famille quitta sa chère Bourgogne et s’installa à Nice. Vous connaissez Edith et, comme moi, vous l’aimez. Mais savez-vous quel fut son courage, elle qui, mince comme un haricot vert, devait porter chaque jour sur son dos son René pour atteindre son logement du 3e étage ? Avec son grand-père, son père et sa mère, notre Patrick a de qui tenir, et Dominique aussi.
Et puis, face à l’hôtel Excelsior, je songeais aussi à toute
ma famille, une famille parait-il nombreuse que je n’ai jamais connue et ne connaitrai jamais. Ceux qui
habitaient Varsovie disparurent à Treblinka, ceux de Cracovie, à Auschwitz,
ceux de Bialystok ou de Ragun, je ne sais où. Je les unis par la pensée à
ceux de Nice, de France, du monde, et je les unis aussi à tous les Justes qui sauvèrent des enfants, à tous les Résistants
du monde.
03 octobre 2009
Lettre à Martine Aubry
Chère camarade,
Je t’ai vue, Martine, souriante, détendue, enfin ! Les militants du PS avaient, ce 1er octobre 2009, répondu oui aux questions que tu leur avais posées à l'université d'été de La Rochelle dont j’étais absent pour cause d’exclusion. Ces propositions : non-cumul de mandats, parité, éthique ou représentation des diversités - le thème des primaires n’est apparu qu’après -, nous les défendions déjà lors des municipales de 2008, face à une direction fédérale des Alpes-Maritimes, soutenue par le National, plus préoccupée de plans individuels de carrières que de politique socialiste !
Le Premier fédéral Patrick Allemand, alors Conseiller Général ET Premier Vice Président de la Région PACA, pensait, après avoir été battu aux législatives auxquelles il s’était AUSSI présenté, pouvoir conquérir en 2008 la Mairie en profitant du travail accompli depuis 7 années sous la direction de Patrick Mottard par « Nice plurielle », travail auquel il n’avait jamais participé. Le résultat fut la destruction de l’union PS-Verts- Parti communiste- Alternatifs qui, elle, avait manqué de peu la mairie en 2001.
C’est l’intransigeance de notre Premier Secrétaire fédéral,
sa fringale boulimique de mandats et l’absence de tout soutien national sur les
idées aujourd’hui heureusement approuvées par le PS, qui nous obligea à
présenter une liste dépassant le seul PS. Ne pas le faire, eut été cautionner
l’idée que notre parti était au service d’ambitions personnelles. « Faire
de la politique autrement » était notre crédo et nous nous sommes groupés dans
l’Association Nice Autrement, créée pour l’occasion et devenue, depuis
« Gauche Autrement » Cette démarche, où d’autres approchantes, a été
courantes et le nombre de camarades exclus du PS, en France, au motif qu’ils
pensaient comme le Parti aujourd’hui est impressionnant. C’est dire, Martine,
si tu es loin du compte avec les 72% de oui au non cumul des
mandats !
« Une base solide pour réussir le grand projet d'un nouveau Parti socialiste », a dit Arnaud Montebourg, après la promulgation des résultats ; « quand on met les militants en situation de faire des choix ils sont là », s'est réjoui Pierre Moscovici ; Bertrand Delanoë a estimé, lui, que « les militants avaient voulu tourner la page des doutes, des divisions et des ressentiments, et se donner les moyens de préparer l'alternance » ; « Cela va changer la nature et le visage du Parti socialiste qui sera un parti plus nombreux, plus populaire, plus démocratique et plus transparent », s'est réjoui Benoît Hamon ; Quant à toi, Martine, tu as dit ta fierté : « Je trouve que c'est un bel exercice démocratique, je suis fière d'être dans un parti qui est à l'avant-garde démocratique et je pense qu'il va faire des petits dans les autres partis ».
Eh bien, Martine, je suis heureux qu’il en soit ainsi. Je te le dis avec sincérité mais avec, aussi, au fond de moi, un sentiment de frustration mêlé de fierté. Ce n’est pas de gaité de cœur que désormais, moi et beaucoup de camarades qui n’avons pas démérités du socialisme, nous resterons au bord de la route.
Je ne te cache pas, pourtant, ma crainte de voir ces nouvelles orientations que j’approuve demeurer dans les tiroirs, tant que, partout en France et pas seulement dans les Alpes-Maritimes, les camarades qui ont été exclus parce qu’ils pensaient comme toi et moi, n’auront pas été réintégrés. Des camarades, Martine, et je le regrette, qui n’ont pas voté mais dont les voix se seraient ajoutées au score prometteur des 72%. Et tant que cela ne sera pas fait, toutes les déclarations du monde ne seront que postures et impostures dont profiteront ceux qui, jusqu’à aujourd’hui cumulent les mandats et n’ont pas envie de les lâcher. Il sera dur, le chemin pour reconquérir la confiance des Français. Est-ce aux gens de prouver, qu’ils ont confiance dans notre Parti, ou est-ce au Parti de démontrer qu’il mérite qu’on lui fasse confiance ? Je crois que c’est la question fondamentale à laquelle il convient de réfléchir et de répondre clairement, faute de quoi rien ne se passera sous le beau ciel de France, voire d’Europe, et nous conserverons les Sarkozy et Barroso… ou leurs frères.
La Région PACA est en passe d’être perdue. Plus grand monde ne validera le ticket Vauzelle Allemand. Que le Président sortant se démarque de notre encombrant Premier Secrétaire fédéral ou alors, ne nous faisons pas d’illusion. Comment la défendrions-nous – tu vois, je dis encore nous ! Les deux sections du Nord de Nice, Nice-Nord et Michèle Mangions, comptaient 650 adhérents, il en reste entre 15 et 20 ! La fédération des Alpes-Maritimes avait 3300 membres dont 65% étaient Niçois, il en reste environ 1200. Parmi les 63000 adhérents radiés dans toute la France pour cotisations non payées deux années de suite, combien sont-ils, ceux qui avaient perdu l’espoir dans le Parti Socialiste ?
En te remerciant pour ta patience et en l’attente d’une éventuelle réponse, dois-je l’espérer ? je te souhaite de réussir, Martine, pour toi, pour le Parti Socialiste, mais bien plus encore pour le peuple français dans l’Europe.
Reçois, chère camarade, mes salutations indéfectiblement socialistes.
24 septembre 2009
De dégueulasse à faux-cul
DE DÉGUEULASSE Á FAUX-CUL, le
temps du mépris
A Fadéla.
Mes respects, Madame. Non, ne me cherchez pas, vous ne verriez plus. C’est que je suis resté en bas, moi, parmi les autres petits et méprisables métèques qui ont été, à votre égard, comme des vers de terre amoureux d’une étoile. C’était au temps où vous disiez encore d’une dégueulasserie comme ce qui vient de se passez à Calais : « C’est vraiment dégueulasse. »
« Le temps du mépris », ce n’est plus un livre, c’est
devenu la réalité quotidienne. Malraux est mort, lui, le futur combattant de la
guerre d’Espagne qui avait écrit avec nostalgie, révolte et rage, cette œuvre
en 1935, qui avait écrit comme on part en croisade contre la montée du nazisme,
avec son cortège de haine, de crimes, de racisme et de mépris, fustigeant
l’indifférence. Son livre n’eut pas le succès escompté. Le poids de
l’indifférence, justement ! Le succès, c’est Hitler qui l’eut, un succès éphémère
mais oh combien cher payé par l’humanité tout entière !
Le mépris, pour vous et votre cher Brice : « Brice et moi, nous sommes deux auvergnats et patati et patata, fouchtri-fouchtra, pourtant on n’est pas des bougnats… », ça s’écrit comme mes prix. Pas les prix d’excellence, comme en recevaient les bons élèves des temps jadis, quand on apprenait la morale à l’école, Non, simplement mes prix comme « mon » prix, le « tien », le « sien » le prix de « ta » bassesse et de « ma » duplicité. Ne voyez, Madame, dans ces adjectifs possessifs qu’une manière de focalisation, vous trouverez facilement des ministres avec lesquels vous pourrez partager et décliner. Il y en a tellement ! Mais pour vous, mes prix c’est le prix de la tragédie et celui du temps perdu, car c’est une tragédie et c’est du temps perdu que se trahir soi-même, que se salir en trahissant ses sœurs et ses frères pour lesquels on a jadis si bien et si longtemps lutté. Le prix du mépris qui tue, plus terrible qu’une balle, plus souvent qu’un couteau.
Qu’est-ce que la trahison, quand on atteint les sphères où dorénavant vous évoluez , sinon la démagogie ? N’est-ce pas faire croire aux victimes que vous les aimez encore en employant les mots : respect, amitié, fraternité, et penser, et agir, ou plutôt vous agiter dans la baignoire bling-bling avec la cohorte d’en face ? N’est-ce pas habiller vos discours pompeux de l’accent des victimes, jouer à la petite fille innocente et frivolement sérieuse ? N’est-ce pas dire à l’autre : « Tu es mon égal, mon frère ! », et vivre, plutôt bien, même si vous le cachez, sur sa misère ? Participer à un gouvernement qui, non seulement l’y maintient, dans la misère, mais encore l’y contraint, l’appauvrissant chaque jour davantage pour mieux le mépriser ensuite ? Peut-être, à l’occasion, pour lui lancer, comme votre chef suprême, un définitif « Casse-toi pauvre con ! » N’est-ce pas faire, au nom de ses origines, des discours incomparables sur la nécessité de combattre le racisme, le sexisme et soutenir le raciste méprisant parce qu’il est votre chef de service auvergnat ? N’est-ce pas vous conduire, chère Fadéla, comme si vous aviez oublié Soane !
Á la cérémonie de rupture du jeûne de Ramadan, dans le très chic pavillon Dauphine, se trouvaient près de 200 invités. Autour de vous, Madame, il y avait Nassif Hitti le représentant et ambassadeur de la ligue des Etats arabes, les ambassadeurs du Maroc et de l'Algérie, Gilles Berheim le grand rabbin de France, Monseigneur André Vingt-Trois le président de la Conférence épiscopale, Claude Baty le chef de la Fédération protestante et Richard Prasquier le Président du CRIF. Que du beau monde, reçu en grande pompe par le président du CFCM, Mohammed Moussaoui. Cela n’a rien de déshonorant, au contraire, de partager la Chorba, cette soupe aux lentilles et poids chiches, mijotée pour la rupture du jeûne. J’ai moi-même participé, en qualité de Président de « La Paix Maintenant 06 » à une cérémonie identique, bien que moins dispendieuse et certainement plus sincère, car la politique politicienne n’y avait aucune part, organisée à Nice par mon ami Mohammed Fernane, le Président de « l’Association pour l’Amitié Judéo-Musulmane des Alpes-Maritimes. »
La soirée parisienne suivait de très près les propos racistes et méprisants, de Brice Hortefeux au Campus de l'UMP (voyez mon précédent message). Mais curieusement, elle fut l’occasion pour le président du CFCM, d’accepter les « regrets » exprimés par Monsieur Hortefeux qui est Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, chargé des cultes (ce qui ajoute à l’aspect follement drolatique de ses propos que je persiste à qualifier de racistes), et non Ministre de l’intérieur comme l’a dit à tort Mohammed Moussaoui. Rendons à Michelle Alliot-Marie, ce qui appartient à César, c’est ainsi que l’on agit en toute laïcité.
Hortefeux, ce bon sinistre, était venu là comme on va à confesse. Je n’ai rien contre les gens qui vont à confesse. Simplement, l’idée que l’on soit lavé de tous péchés, fussent-ils des crimes, parce qu’on les a avoués à un prêtre dans une enceinte à claire-voie, avec la certitude de n’encourir aucun châtiment, pire, en était certain d’être protégé des foudres de la justice républicaine, me révulse : «Je suis ému de penser, dit notre Brice national, que du fait d'un certain tohu-bohu médiatique et d'une interprétation totalement inexacte, des personnes - peut-être parmi vous - ont pu être blessées dans leur être ou leurs convictions. Je veux donc dire mes regrets. Au-delà de cette polémique inutile et injuste, je veux exprimer mon respect pour tous les Français et tous ceux qui vivent sur notre sol, quelque soit leur religion et quelles que soient leurs convictions. » Ce à quoi Monsieur Moussaoui à répondu, sans doute par mégarde, n’ayant pas compris que de tels regrets n’engageaient que ceux qui les entendaient et non celui qui les prononçait : « Le ministre de l'Intérieur, a exprimé ses regrets. Pour nous c'est suffisant. Je pense que la sincérité de ses propos a touché l'ensemble de ceux qui étaient présents ».
Suffisant ? Ben
voyons ! Il n’y a plus qu’à recommencer ! En pire, peut-être ? Ce
soutient fait suite à celui exprimé le samedi précédent par Dalil Boubakeur,
recteur de la Grande mosquée de Paris. Du coup, les ministres de notre
République laïque, vous en tête, Madame, ont emboîté le pas. Les propos de
Monsieur Hortefeux ne sont plus que des
preuves d’humour et qui plus est, d’humour auvergnat, au pire des maladresses.
Passons à autre chose, ne nous acharnons pas ! « Brice » serait
même un humaniste, selon Eric Besson qui l’a remplacé dans le boulot répugnant qu’il
a initié au ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, et où il
apporte sa caution d’ancien militant socialiste! Ils applaudissent tous, les ministres,
le dimanche suivant (à l’exception de Rama Yade), au discours laudatif à
l’égard de leur cher « Brice », du secrétaire général de l’UMP,
Xavier Bertrand.
Ah ! Madame ! Les dames d’en temps, étaient moins culottées que les nôtre. Á vrai dire elles allaient cul nu, seulement protégées par leurs trois jupons superposés dont les noms étaient choisis pour faire rêver les mâles : dessus, la modeste se laissait entrevoir, protégeant la friponne, elle-même, coquine, abritant la secrète. Moins culotées, mais aussi moins faux derche, elles se payaient ostensiblement le luxe d’un faux cul. Ça leur donnait sans doute un certain charme. Trois jupons protègent-ils mieux qu’un pantalon ? C’était au temps révolus, dit-on, où la politique se faisait dans les alcôves. Et les alcôves ont disparu. Dit-on.
Amara, vous qui, par votre attitude nouvelle à l’égard du racisme, protégez votre sous-main ministériel, peu me chaut de savoir comment vous êtes vêtue. Mais vous me paraissez être passée de dégueulasse à faux cul. Et le savez-vous ? La doublure des maroquins, les vrais, est souvent réalisée en peau de goret ?
Pitoyables racistes que vous ne dénoncez plus car ce serait, selon vos amis bien placés, je pense à Monsieur Guaino, le Conseiller de notre Président qui désigne les coupables avant que les Juges n’aient tranché, de l’acharnement ! Alors soit ! acharnons-nous ! Défendons les petits, les sans-grade, les miséreux, les méprisables.
Je m’acharne, Madame la sous-ministre, en
vous présentant mes respectueux hommages. Fouchtri-fouchtra, si j’mens, j’vais
en enfer, et patati et patatère, la cuisse en l’air !
14 septembre 2009
Vous aviez dit: Dégueulasse, Madame
« Dégueulasse ! »
En entendant
ce cri du cœur spontané de la Secrétaire d’Etat, Fadela Amara, en octobre 2007
à propos de la proposition d’amendement ADN de l’UMP, je la revoyais telle que
je l’avais connue à la fête du livre de Mouans Sartoux, un an auparavant. Petite, elle
était mince, élégante dans sa tenue soignée où dominait le sombre, col entrouvert, décontractée,
ouverte au monologue - moins au dialogue, déjà ; elle se tenait droite, avait un air sévère et rieur à la fois, charmeur mais toujours sérieux. En un mot, elle me parut bien sympathique. Nous avions pris le temps de bavarder un
instant, assis sur le muret délimitant l’entrée du salon. Elle accompagnait
Zineb, notre commune amie, à moins que ce ne fut Zineb qui l’accompagnât
Plusieurs autres jeunes femmes et un peu moins de jeunes hommes s'aglutinaient autour de nous, tous représentant « Ni pute ni soumise » et tous
admiratifs d’elle. Elle était venue participer, son dernier livre en main, aux
débats qui sont, à l’aune des salons littéraires, l’honneur de Mouans Sartoux.
Moi-même j’allais sortir « Grandeur et misères de l’antiracisme » que
je lui demandais de préfacer, ce qu’elle ne refusa pas, du reste - elle me
demanda seulement de lui en adresser, chose normale, le tapuscrit. Se
savait-elle déjà promise à un destin national si Sarkozy l’emportait aux
présidentielles d’avril/mai 2007 ? Rien n'est moins sûr. Elle n’était pas encore sinistre. Quoi qu’il en
soit, sa promotion ou sa future promotion l’empêcha, semble-t-il, de donner
suite à ma demande.
«L'ADN je
ne suis pas d'accord parce que je pense qu'on touche à quelque chose qui n'est
pas bon pour notre pays, avait déclaré Fadela devenue Secrétaire d’Etat. Je
le dis aussi en tant que fille d'immigrés: y en a marre qu'on instrumentalise à
chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça
dégueulasse! Je suis une femme libre, ne l'oubliez jamais. J'ai la possibilité
de dire ce que j'ai à dire et, très franchement, le jour vraiment où ce sera
trop insupportable, le jour où ce sera trop dur, eh bien je partirai !»
Là, oui, je reconnaissais
notre Fadela. Et j’ai défendu cette femme indépendante, incorruptible, face à
mes amis de la gauche bienpensante qui l’abandonnaient, l’accusant d’être de
droite sans le dire, de s’être servie de NPNS comme d’un strapontin pour
s’élever dans l’échelle sociale, d’être traitresse à sa cause, à ses amis, à
ses frères et sœurs des quartiers défavorisés, issus de l’immigration. J’ai
même accusé cette gauche volontiers donneuse de leçons de n’avoir pas voulu, je
dis bien voulu et non pas pu, confier des responsabilités en rapport avec ses
qualités exceptionnelles, à cette femme de cœur.
Je l’ai défendue, parfois à la
limite de la bonne foi. Je sais que je n’ai pas un caractère accommodant. Toute
ma vie, je me suis opposé à ce genre de propos que leurs prédicateurs
présentaient comme des blagues sans importance. Des blagues que je trouve
d’autant plus odieuses quand elles sont racontées à l’occasion de réunions dans
lesquelles l’éthique les interdit. Alors, c’est souvent avant la réunion, ou
après sur le parking, qu’elles ont court, et les conteurs de se rengorger, les
auditeurs de ricaner, bêtement! Au Musée de la Résistance, par exemple ou dans les associations
pour la Mémoire, cela m’est particulièrement insupportable. Que d’engueulades
avons-nous eues, entre « camarades ». Et lorsque que Gaston Kelman,
l’écrivain qui se définit lui-même comme un Bourguignon noir de peau, donne à
lire à la fin de son excellent ouvrage « Je suis noir et j’aime pas le
manioc » une longue liste de blagues portant sur les tares dont "on" aflige les
nègres, je lui écris en toute amitié que les racistes n’ont
besoin d’aucune aide pour trouver ou inventer de telles histoires, que la
banalisation de ces plaisanteries douteuses ne fera pas baisser d’un iota le
racisme. Au contraire !
Parlons de Paul Girot de Langlade, Préfet
de son état, retraité depuis peu. « Déjà sur la sellette pour des propos contre les gens du voyage,
ce récidiviste aurait insulté une employée d’aéroport antillaise le 31
juillet 2009. Brice Hortefeux, notre ministre, l’un des soutiens
essentiels du Président Sarkozy, l’a suspendu vendredi ». Cela n’a pas
traîné, bravo ! Propos racistes ? Je reprends les termes du
journaliste de « Libé », mais on sait depuis peu qu’avoir de tels
propos, surtout quand on est sinistre, peut n’être considéré que comme une simple galéjade. Alors je mets un
bémol sur mon bravo. Non que je veuille exonérer des propos racistes, surtout
venant d’un préfet représentant notre chère République – j’ai, militant du Mouvement La Paix Maintenant, donné raison en son temps à Mme
Alliot-Marie pour le limogeage du préfet Guigue qui « voyait » des
snippers devant les écoles maternelles des territoires palestiniens occupés par
Israël, tout comme José Bové « avait vu » des barbelés et des
miradors autour de Ramallah. Les
sanctions qui s’appliquent à un préfet de la République doivent être identiques,
pour la même faute, à celles qui s’appliquent à un quidam, fut-il Ministre de
la même République, particulièrement quand les faits sont des attitudes ou des mêmes propos racistes.
Le Préfet Paul Girot de
Langlade est, selon Mouloud Aounit, le toujours président en exercice du
M.R.A.P. – le dernier congrès (26 et 27 janvier 2008) à réparti la tâche entre
4 co-présidents, mais les membres du M.R.A.P. autant que les médias ne le
savent toujours pas -, un «multirécidiviste de l’insulte». En octobre 2002,
controverse avec des maires du Vaucluse devant la presse, à propos des
gens du voyage. Il déclare n’avoir «aucune tendresse particulière pour ces
gens-là …Ils vivent à nos crochets, ils vivent de rapine. Ce sont des
gens qui roulent dans des voitures de luxe, qui ont des caravanes énormes et
qui ne travaillent pas…». Novembre 2006, dans un entretien à la
Nouvelle République du Centre-Ouest, il s’emporte : «Chacun sait que quand les gens du voyage arrivent quelque part, il y a de la
délinquance.»
Tel est l’homme qui, retour de La Réunion, le
31 juillet 6 h 50, déclenche l’alarme en franchissant le portique de
sécurité de l’Aéroport d’Orly Ouest. Rappelons pour mémoire que notre Maire et
Ministre, Christian Estrosi, avait carrément cassé la vitre, lui, de l’Aéroport
de Nice, sans qu’à ma connaissance, cela ait eu la moindre conséquence sur son
avenir. Cependant, « Un agent de la
société Securitas demande au Préfet de vider ses poches ; le Préfet lui en
lance le contenu au visage. Une collègue du vigile lui demande de garder son calme. «On est où là ? aurait répondu le préfet à la jeune femme
d’origine antillaise. On se croirait en Afrique ici !» Devant l’agitation, des membres du personnel de l’aéroport
s’approchent. «De
toute façon, il n’y a que des Noirs ici !» aurait alors lancé le préfet, devant plusieurs témoins.
(Libération15/08/09)
Brice Hortefeux annonçait dans
un communiqué qu’il suspendait «immédiatement» Paul Girot de Langlade
de ses fonctions de coordinateur local des Etats généraux de l’outre-mer, «dans
l’attente des résultats de l’enquête en cours. « Je ne tolérerai jamais
que des propos racistes ou discriminants soient tenus dans notre pays, d’autant
plus par un représentant de l’Etat, quel qu’il soit», a affirmé le
ministre de l’Intérieur. Et cela n’a pas traîné, vive la République.
Mais voilà que le préfet assure, ne pas être raciste et
s'estime victime d'une "affaire orchestrée par le ministre de
l'intérieur" pour se "refaire une virginité"
d'antiraciste. « Je suis victime d'une cabale et je tiens à la
dénoncer. Je ne suis pas raciste, je l'affirme haut et fort… Cette
« affaire », qui n'était à l'origine qu'un banal incident, a été
orchestrée par l'actuel ministre de l'intérieur, probablement pour faire
oublier son passage au ministère de l'intégration où il a mené une politique
plus sévère que dans le passé, et pour se refaire à bon compte une virginité de
parfait antiraciste… il existe des preuves. Le Préfet s’étonne « de
la rapidité avec laquelle les témoins ont été entendus ». Il estime que
les plaintes ont été "téléguidées" : « la
scène a été filmée par les caméras" et le film conforte sa
version des faits. C'est ce qu'il affirme-t-il. » (Le Monde du 27/08/09).
Alors, je mets
un bémol à mon bravo. Que la Justice suive son cours, mais dans le cas où le
Préfet serait sinon blanchi, il ne l’est certainement déjà que trop, mais en
partie relaxé par les tribunaux, que veut dire une telle précipitation ?
Brice Hortefeux,
justement, n’est pas exempt de plaisanteries douteuses dont les victimes
sont obligées de ravaler l’écume amère par crainte de se faire virer ou, au mieux, de passer
par des gens sans humour, ce que la Gentry tolère mal et qui vaut exclusion. C’est vrai que l’humour
des puissants fait le coup de pied au cul des subalternes ! Et c’est vrai, aussi, que
ce qui est humour et légèreté en
haut n’est que manifestation de rancœur mal placée en bas. Ainsi, selon notre
Ministre et ami du Président, la secrétaire d'Etat à la ville, Fadela Amara serait « une compatriote, même si ce n'est pas
forcément évident!" L’ancien ministre délégué à la promotion de l'égalité
des chances sous le gouvernement De Villepin, s’entend interpeller par le
sinistre Hortefeu : « Allez, fissa, sort de là! Dégage d'ici, je te dis,
dégage! ». C’est ce que disaient les soldats français aux Arabes en Algérie",
précise Azouz Begag interrogé par Libélyon. Le 25 novembre, 2007, Brice
Hortefeux, encore ministre de l'immigration, quand il lui est demandé, sur le plateau de Capital s'il y aura toujours des sans papiers, répond : « Si
vous rêvez d'une société idéale dans laquelle, il n'y aurait que des citoyens
honnêtes, propres ! ». Libération évoque le fait que Rachida Dati elle-même , pourrait avoir qualifié ce cher Brice de "gros raciste". Des
propos que le quotidien met toutefois au conditionnel, mais qui selon Rue89,
auraient été tenus aussi bien en privé que devant Claude Guéant et quelques ministres qui lui étaient proches. Audrey
Cerdan, photographe à Rue89 dit avoir surpris une conversation douteuse
entre Brice Hortefeux et quatre jeunes Noirs lors de l'université d'été de
l'UMP à Seignosse dans les Landes, les 5 et 6 septembre. L’un des jeunes demande au
ministre une petite photo pour la Diversité.
Réponse de Brice Hortefeux selon Audrey Cerdan: " D'accord, mais vite alors, parce que la Diversité, j'ai déjà donné il y a quelques années" Durant le même Campus de l'UMP, Jean-François Copé présente en insistant lourdement, à
Hortefeux, Amine Benali-Broch, né à Dax, de père algérien et de mère
portugaise: « Il est Auvergnat, il est Auvergnat, il est adorable,
il est sans problème !» Serait-ce à dire que les autres maghrébins, ceux
qui ne sont pas intégrés – le mot intégré a été prononcé - à l’UMP, sont "à
problèmes" eux ? Ne sont-ce pas là paroles racistes ? On entend une
voix : « C’est notre petit Arabe ».
Le ministre de l'Intérieur déclare alors qu’il ne correspond pas au prototype, puis il ajoute : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand
il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ». (sources Libération, Libélyon, Canal +, Rue89).
Et cela fait
rire cette foule droitière, cette foule raciste, comme il y a 70 ans, quand on
tirait mon bisaïeul par la barbe en Pologne parce qu’il était juif, avant de lui
foutre le feu dedans – et l’on sait où cela s’est terminé. Ça fait peur aux gens
sensés qui savent, eux, que le racisme commence toujours comme une bonne blague
et se finit en exécutions massives. Moi, à la place d’Amine Benali-Broch, je
fuirais avant qu’il ne soit trop tard. Les circonstances ne fabriquent-elles pas les
extrêmes – nous n’en sommes pas encore là, heureusement - et les extrêmes
n'exécutent-ils pas, un jour ou l’autre, ceux qui les ont servis? L'histoire est pleine de ces drames-là.
Le Ministre se
défend. Mal, du reste. D’abord, il dit que ce ne sont là que plaisanteries innocentes
(il n’ose tout de même pas ajouter : entre amis. Un raciste intègre un
Arabe à son dispositif de combat, il n’en fait pas pour autant son ami), que
c’est du folklore auvergnat. Puis, il affirme qu’il parlait des photos, pas des
hommes. Pauvre défense !
Des gens
pourtant intelligents ont défendu notre sinistre ministre. Mais pour
intelligent que l'on soit, une cause indéfendable est toujours mal
défendue : Dalil Boubakeur prend cela pour une plaisanterie et lui
apporte son soutien personnel, tant la probité de ce ministre et son contact
ont été gratifiants pour les Musulmans d'Auvergne. Jack Lang est le seul membre
du PS à lui apporter un soutien explicite : « Je le connais depuis très longtemps, c'est un homme honnête. Il
n'a jamais cédé à des instincts racistes. Cet incident a été monté en épingle
et probablement mal interprété ». Henri Guaino, le conseiller du
Président Sarkozy qui, lui, n’a pas de temps à perdre, en profite pour mener
une attaque directe contre la démocratie : « la transparence absolue », est pour lui « le début du
totalitarisme… Voilà qui est nouveau, je croyais le contraire ! D’autant qu’il ajoute :
« S’il n'y a plus d'intimité, il n'y
a plus de discrétion ». Mais donnons-nous le même sens aux mots ?
La démocratie a-t-elle besoin, pour exister, du voile de la discrétion ?
Pas selon moi ! De quelle démocratie parle-t-il , de celle de la Mafia ?
Luc Châtel qui, lui, utilise – mal - des artifices marketing pour cacher ses
intentions et promouvoir dans un supermarché une mauvaise politique de l’Education nationale, hurle au
voleur : on ferait de cette affaire anodine, un prétexte : « C’est de l’acharnement ! »
Et puis il y a toi, Fadela, oh ! pardon, Vous Madame la Secrétaire d’Etat,
vous qui avez crié : Dégueulasse ! quand c’était dégueulasse. Vous
nous avez dit que ce n’était pas grave ; vous avez répété, comme Brice
Hortefeux, que c’était du folklore auvergnat ; qu’entre vous, les
Auvergnats, vous vous livriez souvent à ce genre de jeu qui marque vos
différences. C’est une ignominie. Vous eussiez dû être au premier rang des
protestataires, parce que vous êtes une fille d’immigrés ; parce que vous êtes
membre du même gouvernement et que les mauvaises paroles de Monsieur Hortefeux
vous engagent aussi ; parce que, peut-être, vous étiez son amie et que
seuls les amis peuvent tout se dire ; parce que cela allait de soi de ne
pas vous écraser comme une … comment dites-vous, déjà ? Parce que,
aujourd’hui, vous avez obtenu une énorme victoire dont jamais nous ne vous
féliciterons assez, celle de l’obtention du refus, après analyse, par le
ministre Besson, non pour des raisons de principe qui sont les nôtres, à vous
et à moi, mais pour des raisons de procédure – et cela signifie que le combat
n’est pas terminé – de signer le décret sur l’amendement ADN sur les immigrés. Pour
toutes ces raisons mais surtout, surtout pour cette dernière et unique raison
qui devrait encore nous rassembler, s’il n’est pas trop tard, c’est que c’est trop
insupportable et pour tout dire, dégueulasse.
03 septembre 2009
Contre la grippe A, des infirmières masquées
Allah-Dieu-Yahvé, s’il existe, n’a rien compris. Ou alors, Il s’est trompé. Et là, ça me fait peur, car quand il se goure, celui-là, il le fait durement payer à l’Homme, sa créature préférée, et à sa côte chérie : Le déluge avec Pyrrha et Deucalion - Zeus l’a voulu -, puis Sodome et Gomorrhe anéanties – Yavhé l’a fait -, puis le déluge avec l’arche de Noé – Notre père qui êtes aux cieux, … Brrr !! Tout ça pour rien puisqu’à chaque fois, il a fallu tout recommencer.
Alors, dépassant le pari de Pascal, demandons-nous : Dieu peut-Il se tromper ? Sans doute, quand Il n’écoute pas les croyants honorables dont la foi n’est pas contestable et qui souffrent des contradictions qu’il installe entre idéal et réalité ; parmi ces braves gens de trouvent des ministres du culte, hommes et femmes, qui resteront de tout petits prêtres, Imams ou Rabbins - pour les femmes ce sera plus difficile -, car leur crédo est de prêcher la paix entre les Hommes. Oui, il peut se tromper, quand il prend le parti des élites religieuses qui, elles, quelque soit leur Église, Temple ou Mosquée, profitent allègrement d’un système économique qu’elles soutiennent sans sourciller. C’est curieux, car alors, comment les esprits avisés ne voient-ils pas immédiatement ce qui saute aux yeux: cette alliance de l’éternité et du provisoire est une contradiction de plus!
Ces élites religieuses affirment
que Dieu est infaillible. Les islamistes, par exemple, défendent des écrits
soi-disant dictés par Allah à Mohamed. Mais ces écrits ne sont pas tous, selon
certains autres experts de la même Foi, trouvables dans le Coran. D’autres
affirmations tout aussi péremptoires ne sont pas, non plus, trouvables dans la
Bible, qu’il s’agisse de l’Ancien Testament ou des Evangiles. Et quand on les
trouve, elles ne sont pas pour autant avérées.
Dans le Coran, il y aurait donc, parait-il, cette affirmation péremptoire autant que controversée selon laquelle pour plaire à Allah, la femme doit vivre cachée, voilée, masquée, quasiment anéantie aux yeux de la société. Et l’Homme qui inventa la burqa aurait, depuis beau temps, fait disparaitre cette immonde tentatrice, n’était la nécessité de la survie de l'espèce. Il se branlerait alors gaillardement, sans recours à ces salopes de psys, souvent des femmes, la preuve par neuf, pour le déculpabiliser.
Pour bien montrer qu’il ne plaisante pas avec la chose, Dieu dans sa grande bonté, qu’il soit béni et qu’honoré soit son Nom, nous envoie la maladie du siècle, la grippe H1N1 qui, si l’on en croit notre rose Roselyne nationale (non, Mesdames, je ne suis pas tombé dans la misogynie galopante, je parle seulement de ses jolies sandales ministérielles en plastic qui lui vont si bien au teint sur le perron de l’Élysée), si l’on en croit, donc, le ministre de la santé de notre Eminent Sarkozy - qu'il soit béatifié de son vivant, il le mérite -, coûterait, à ce jour, un milliard et demi d’Euros à la France. Attention, pour ce prix-là, il n’y aura pas de vaccins pour tout le monde !
Quoi de plus normal que de dépenser nos sous pour garantir la santé des Français ? Lors de ma dernière visite, une visite hebdomadaire, dans la maison de retraite où végète plus qu’elle ne vit ma propre mère – qu’il lui soit donné de végéter le plus longtemps possible -, j’eus la surprise de voir les infirmières et leurs aides dissimulées derrière des masques. Elles seules mais pas les résident(e)s, tant il est clair qu’aucun des ces pensionnaires n’aurait supporté d’en être affublés et que le placage autoritaire de cet accessoire sur leur visage eut créé un sacré chambard dans l’établissement. C’était une de ces journées caniculaires et je pouvais constater combien cet accoutrement, dont je ne discute pas la nécessité, leur pesait. Je ne me souviens plus si les gants faisaient ou non partie des accessoires vestimentaires. Ah ! J’imagine Roselyne masquée, en babouches roses trouées et en gants de chirurgien, la seringue restée plantée tant elle est toujours pressée dans son opulent fessier – côté droit bien sûr -, quelle allure ! J’imagine et je me marre. Ces braves infirmières avaient du mal à respirer, chaque inspiration plaquant leurs masques sur leurs bouches (parfois dedans) et sur leurs nez, chaque expiration rendant à ma vue une partie de leurs agréables frimousses. Roselyne ! Ah !
L’une d’elles me distribua, d’un air gêné, une missive, évidemment dictée par les services de notre belle ministre aux bras blancs (ça, c’est Victor Hugo), par laquelle je devais me laver les mains, ne pas secouer celle de mes interlocuteurs, ne pas les embrasser, limiter mes venues en nombre et dans leur durée, ne pas rendre visite aux résidents si j’étais malade ou si j’avais été en contact avec une personne grippée depuis moins d’une semaine.
« Bien, dis-je à l’infirmière qui m’avait remis cette lettre, c’est promis, je vais devenir un petit vieux bien propre et je me plierai à ces augustes recommandations. Mais, si l’on en est là en France, que fera-t-on de plus en Iran ?
- En Iran, pourquoi en Iran ? me demanda-t-elle, interloquée.
- Parce que, dans ce pays où les femmes sont masquées depuis des décennies, l’une d’entre elles, âgée de seulement 37 ans et ne présentant pas, jusqu’à plus ample informé, d’autres signes de mauvaise santé, est morte de la grippe A cette semaine. Son masque ne l’a donc pas protégée. Le votre vous protégera-t-il ?
- Je ne sais pas, me répondit-elle, mais cela est, je crois, un bon argument contre le voile et la burqa. »
Et mon infirmière écarta son masque pour donner libre cours à son rire, sans s’étouffer. Elle est bien, cette infirmière. Sa réponse, je la fais mienne. Sauf s’il m’est démontré que Allah Akbar s’est trompé en tuant de travers. Et dans ce cas-là, quelle histoire, comment ne pas le prendre en grippe ! Tout serait à recommencer !
14 mai 2009
Les déferlantes
La déferlante
de mer, vous la voyez venir du large. Une vague, après tout, ce n’est que de
l’eau qui roule sur elle-même et progresse vers les côtes. D’abord toute
petite, elle se forme au loin, se creuse amoureusement sous la caresse du vent,
court en surface en suivant, insouciante, ondulante, sa sœur qui la précède
jusqu’à l’estran. C’est la houle du vent. Mais voilà qu’elle rencontre un
obstacle sur les fonds. Alors, comme un marathonien auquel on ferait un
croc-en-jambe, elle tente de retrouver son équilibre en roulant, comme l’autre
sprinte, plus rapidement sur elle-même. Ou bien le vent tourne, la saisi de
travers, voire la prend à contre, la gêne en tous cas dans son mouvement
rotatoire, et elle cherche, de la même façon, à retrouver son équilibre. Ce
faisant, et bien malgré elle, elle rattrape celle que l’instant d’avant, elle
suivait gentiment, elle lui grimpe sur le dos, elle l’agresse, la griffe. Les
deux se mélangent le moins harmonieusement du monde. Puis, devenues complices,
elles ne font plus qu’une. Une, un peu plus folle, un peu plus déséquilibrée, un
peu plus rapide et tout autant rattrapante. Une qui fond sur la précédente. Alors,
de vague rejointe en vagues rattrapées, c’est un mur d’eau d’une dangerosité
terrible qui monte et qui viendra se fracasser contre la falaise ou qui
remplira le carré d’un bateau. De ces déferlantes-là, j’en ai vu qui passaient
par-dessus Fort Boyard. J’en ai vu qui coulaient le plus confortable des
voiliers. Mais tout se calme ensuite, la nature aussi. Quand au pied de la
roche, vous trouverez des résidus de toutes sortes mélangés à l’écume, ce sera
l’heure du tri, l’heure de la passoire.
Pour les déferlantes de l’âme, le scénario est identique. Le processus de formation est le même. C’est le vague à l’âme qui monte, qui monte comme la bêbête de notre enfance, à vous en étouffer. Ce n’est plus de rire, c’est de rage. Le moteur, ce n’est plus l’eau, c’est l’injustice. On ne prête qu’aux riches ? Non, on leur donne ce que les pauvres n’ont plus. Les pauvres qui devront emprunter pour que s’accomplisse l’injustice, au nom de la République ! Alors, une bouillie de mots vous prend, venue par à-coups, contre votre gré, entrecoupée de périodes de silences. Une houle de douleur qui, vague après vague, laissera déferler l'écume amère qu'elle retenait en son sein. Jeune militant(e) que l’injustice révolte, rassure-toi, après soixante ans de vie militante, si tu es demeuré intègre, si la politique politicienne ne t’as pas contaminé(e), ce qui est tout de même le cas pour la plupart d’entre nous, tu ressentiras encore les mêmes passions, les mêmes joies, les mêmes échecs. Ces derniers ne sont pas graves, mieux, ils sont formateurs, quand ils ne portent pas l’emblème de la trahison. Car alors, la déferlante de l’âme peut tuer. Mais si, plutôt que de te décourager, tu continues la lutte, tu en seras renforcé. C’est en luttant contre les éléments déchaînés, contre les déferlantes de l’âme, que l’on reste vivant.
